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Céréales anciennes : quelles subventions PAC en 2026-2027 ?

Céréales anciennes : diversité variétale et agriculture durable
Céréales anciennes : diversité variétale et agriculture durable

Céréales anciennes et PAC 2026-2027 : cadre, aides et stratégies pour les exploitations agricoles


La programmation 2023-2027 de la Politique Agricole Commune (PAC) a instauré un cadre de soutien profondément renouvelé, qui redéfinit les mécanismes d’aide aux exploitations agricoles françaises. À l’horizon 2026-2027, les producteurs de céréales anciennes — telles que l’épeautre, l’engrain ou certaines variétés traditionnelles — évoluent dans ce nouveau système d’aides structuré autour de plusieurs dispositifs complémentaires.


Contrairement à certaines idées reçues, les céréales anciennes ne constituent pas une catégorie d’aide spécifique dans la PAC. Leur éligibilité dépend des cultures déclarées dans TelePAC et des dispositifs mobilisés (paiements directs, écorégimes, aides couplées, MAEC), ainsi que du respect des critères propres à chaque aide.


Dans ce contexte, la PAC combine :

  • des paiements découplés (droits à paiement de base),

  • des écorégimes liés aux pratiques environnementales,

  • des aides couplées, notamment pour les protéines végétales,

  • et des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).


Pour les producteurs de céréales anciennes, ces évolutions représentent une opportunité de valorisation de systèmes agricoles diversifiés et durables, tout en nécessitant une bonne compréhension des règles d’accès aux aides.


Cadre structurel de la PAC 2023-2027


La réforme de la PAC 2023-2027 repose sur un changement majeur : la mise en place d’un Plan Stratégique National (PSN) propre à chaque État membre.


En France, ce plan :

  • a été approuvé par la Commission européenne le 31 août 2022,

  • est entré en vigueur le 1er janvier 2023,

  • mobilise plus de 45 milliards d’euros de financements européens sur la période.


Le PSN vise plusieurs objectifs :

  • améliorer la compétitivité des exploitations agricoles,

  • renforcer la résilience face au changement climatique,

  • favoriser la transition agroécologique,

  • soutenir la souveraineté alimentaire.


Dans ce cadre, la France a notamment fait le choix de renforcer les aides couplées végétales, en particulier pour les protéines végétales et légumineuses, afin de réduire la dépendance aux importations.


Paiements découplés et droits à paiement de base


Les paiements découplés constituent le socle des aides directes de la PAC.


Ils reposent sur les droits à paiement de base (DPB), qui :

  • assurent un revenu stable aux agriculteurs,

  • sont indépendants des productions,

  • sont calculés selon les droits détenus et activés chaque année.


Pour les producteurs de céréales anciennes, ces paiements offrent une flexibilité importante :

ils peuvent adapter leurs rotations culturales sans perdre leurs aides.


Cependant, ces aides sont conditionnées au respect de la conditionnalité environnementale, notamment :

  • les BCAE (Bonnes Conditions Agricoles et Environnementales),

  • la protection des sols,

  • la préservation des éléments paysagers,

  • et la gestion des intrants.


Focus BCAE 7 (rotation des cultures)

Depuis les ajustements récents :

  • les exploitations ≤ 30 hectares peuvent être exemptées,

  • les autres doivent respecter :

  • soit une rotation sur 4 ans,

  • soit une diversification des cultures.


Écorégimes : un levier central pour les exploitations


L’écorégime est la principale innovation de la PAC 2023-2027.


Il rémunère les agriculteurs qui adoptent des pratiques favorables à l’environnement.


Trois voies d’accès existent :

  1. Pratiques agroécologiques (diversification, couverture des sols…)

  2. Certifications (bio, HVE…)

  3. Infrastructures agroécologiques (haies, jachères, bandes tampons…)


Montants indicatifs
  • Niveau de base : ~60 €/ha

  • Niveau supérieur : ~80 €/ha

  • Bio (estimations récentes) : jusqu’à ~110 €/ha


Un bonus supplémentaire d’environ 30 €/ha peut s’appliquer dans certains cas en agriculture biologique.


Les céréales anciennes, souvent intégrées dans des systèmes diversifiés ou biologiques, sont particulièrement bien positionnées pour accéder à ces aides.


Aides couplées : opportunités indirectes pour les céréales anciennes


Les céréales anciennes ne bénéficient pas d’aides couplées spécifiques.


Cependant, elles peuvent être indirectement éligibles dans certains cas :

  • cultures associées avec des protéagineux,

  • mélanges céréales-légumineuses,

  • ou cas particuliers comme le blé dur sous conditions.


Aides aux légumineuses (estimations 2026-2027)

  • Légumineuses à graines : ~104 €/ha

  • Légumineuses fourragères : ~131 €/ha

  • Zones de montagne : jusqu’à ~148 €/ha


Condition clé : présence d’au moins 50 % de protéagineux dans les mélanges.


Stratégies d’optimisation pour les producteurs


Pour maximiser les aides PAC, plusieurs stratégies sont pertinentes :


1. Conversion en agriculture biologique

  • Accès au niveau supérieur des écorégimes

  • Valorisation commerciale des céréales anciennes

  • Bonus environnemental


2. Diversification des cultures

  • Respect facilité des BCAE

  • Accès aux écorégimes

  • Réduction des risques agronomiques


3. Cultures associées céréales-protéagineux

  • Accès aux aides couplées

  • Amélioration de l’autonomie azotée


4. Accès aux MAEC

  • Paiements supplémentaires pour pratiques environnementales

  • Valorisation des services écosystémiques


Perspectives après 2027


La PAC évoluera après 2027 vers un modèle encore plus :

  • ciblé sur l’environnement,

  • territorialisé,

  • et orienté vers les services rendus par l’agriculture.


Pour les céréales anciennes, cette évolution est une opportunité :

elles s’inscrivent pleinement dans les objectifs de durabilité, biodiversité et résilience.


Conclusion


La PAC 2023-2027 offre un cadre de soutien structuré et diversifié, particulièrement favorable aux exploitations agricoles engagées dans des systèmes durables.


Même si les céréales anciennes ne disposent pas d’un dispositif spécifique, elles peuvent pleinement bénéficier :

  • des paiements directs,

  • des écorégimes,

  • des aides couplées indirectes,

  • et des MAEC.


À condition d’adopter une stratégie adaptée, elles représentent un véritable levier de performance économique et environnementale.


Pour aller plus loin – Sources

"Contenu rédigé par Soukaina G. Chef de projets ORI Group"

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